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LE PHARAON DE VENISE

Auteur:
HENRI VERNES
Éditions: CLAUDE LEFRANCQ ( 1999 )
Prix: $ 10.95
140 pages
ISBN:2-87153-631-7

Dernier inédit pour Henri Vernes qui continue envers et malgré tout à nous offrir des nouvelles aventures de son héros. Cette fois-ci, on a droit à l'histoire classique de la résurrection d'une momie égyptienne.

Pour le remercier de l'avoir sauvé des griffes de la Mafia, Sabrina Alferi a offert en cadeau à Bob Morane, un ancien palazzio situé à Venise, Italie. Pour vous rafraîchir la mémoire, il vous faudra relire les péripéties de ÉCHEC À LA MAIN NOIRE (21e Roman de la série). Ce palazzio renferme dans ses étages inférieurs un musée consacré à de vieilles reliques égyptiennes du temps des Pharaons. Morane s'est approprié l'étage supérieur et laisse le soin aux autorités de la ville de pourvoir aux besoins de ce musée qui attire quelques curieux à l'occasion.

On dit l'endroit hanté par la momie de Am-Thot-Thep, un pharaon dont on a été incapable de retrouver les origines. Le roman débute bien et nous plonge dans un atmosphère digne de Jean Ray ou Conan Doyle. L'auteur fait d'ailleurs illusion à la nouvelle, LE LOT No. 249 (que vous pouvez retrouver d'ailleurs dans le roman L'HORREUR DES ALTITUDES aux Éditions 10/18) écrite en 1892 par le créateur du célèbre détective. On assiste donc aux tentatives de Bob Morane de vouloir imiter ses célèbres confrères détectives avec fort peu de succès, il faut le dire.

Et puis, brusquement le roman passe de l'atmosphère fantastique au simple roman policier de série B alors que Vitto Marziano, frère de Salvatore qui a rencontré une fin misérable dans ÉCHEC À LA MAIN NOIRE, décide d'exercer sa vengeance sur Bob Morane. Cela lui a pris du temps, laissez-moi vous le dire. Il kidnappe (recette éprouvée) la jolie Sophia Paramount qui, par hasard (???) venait justement payer une visite surprise à Morane, à Venise et à ce moment précis. En voulez-vous des coïncidences, en voilà !!!…. Puis il demande à notre héros de le rencontrer au Château des Aigles (théâtre du dénouement du roman ÉCHEC…) s'il veut revoir la jolie rouquine en vie.

Évidemment, Morane n'attend pas l'heure du rendez-vous et se dirige sans plus tarder vers la demeure ancestrale afin de délivrer la jolie Sophia. Mais le tout n'est qu'une ruse (on utilise des bâtons de dynamite remplis de sable. Pas à dire, La Mafia est terrible à Venise) car Vitto et ses hommes de main sont retournés au palazzio afin d'y surprendre Bob et l'éliminer… Profitant de l'élément de surprise !!! ??? !!! Pardon ??? Pourquoi avoir kidnapper Sophia ? Mettant automatiquement Morane en alerte d'un danger incessant ! Si ces membres de la fameuse Mafia voulaient occire notre héros, il l'aurait fait soit à l'intérieur du palazzio ou lors d'une sortie de Morane à l'extérieur alors que celui-ci ne se doute de rien! Et le Château des Aigles par son emplacement isolé était l'endroit parfait pour un guet-apens beaucoup plus qu'au centre de Venise, non ?

Inutile de vous dire que je n'ai pas cru à cette finale fortement tiré par les cheveux ! Et c'est malheureux car le roman, au début avec sa forte teinte fantastique me semblait de bon augure et annonçait un genre que malheureusement, Henri Vernes n'a pas exploité beaucoup parmi ses 180 livres de la série moranienne. La finale, sans queue ni tête vient tout gâcher. Et je crois que l'auteur ou l'éditeur lui-même s'en est aperçu car on retourne au fantastique lors du dernier chapitre pour clore définitivement cette histoire.

Et ma déveine continue. Après la déconfiture de DEMONIA MAXIMA, SANTERIA DRUMS, LA NUIT DES NÉGRIERS (dans ce roman tout aussi invraisemblable, le Baron de La Maille kidnappe Morane et Ballantine afin de les acheminer vers un champ pétrolifère clandestin en Australie ! Parlez-moi d'un imbécile heureux ! Je vous laisse deviner ce qui s'est passé...) et LA GUERRE DU PACIFIQUE, ce nouvel inédit de Henri Vernes ne fait que confirmer que ses belles années sont derrière lui. Il ne faut pas se leurrer. Le Maître a perdu sa touche magique ou les romans ne proviennent plus de sa plume proverbiale. Le saura-t-on un jour ? Des romans de ce genre ne font que renforcer mon idée : Il faut rééditer tous les romans de la Période Marabout Junior et Pocket Marabout, période où M. Vernes a connu son apogée littéraire.

Pour l'instant, je dois conclure que ces nouveaux inédits font certes, plaisir aux collectionneurs mais ne sauront pas charmer les jeunes ou les moins jeunes. Avis aux nouveaux lecteurs : Concentrez-vous sur les premiers romans et oubliez les derniers inédits qui ne représentent en aucune façon le grand talent d'Henri Vernes, un auteur que j'admire beaucoup et ce, depuis le milieu des années 60.

Et je me pose la question : Suis-je rendu trop vieux pour réellement apprécier ce genre de roman ? Pourtant, je relis encore et avec le même plaisir les 140 premiers romans. Alors que se passe-t il ?

Johnny Hart