Pastiche Sherlock Holmes



Sherlock Holmes Revient


 

Auteur: Yves Varende
Éditions: Fleuve Noir (1996)
Collection: Super Poche
Prix: 26.50 $
ISBN 2-265-05695-2

Je crois que j'aurais plus apprécié ce livre si on l'avait intitulé Harry Dickson revient. En effet, il s'agit bien ici de nouvelles traductions des aventures du Sherlock Holmes américain. On sait que Jean Ray devant la platitude des textes originaux avait pris l'excellente décision de créer de nouvelles intrigues . Mais il ne fut pas le seul a traduire ou écrire des aventures de Harry Dickson ou plutôt Sherlock Holmes.

Comme l'auteur se plaît à le mentionner, on avait interdit à l'époque d'utiliser le nom de Sherlock Holmes sur la page couverture mais on n'avait jamais mentionné l'obligation de ne pas l'utiliser à l'intérieur non plus. Nous retrouvons donc Holmes en compagnie d'un jeune élève du nom de Harry Taxon. Il a décidé de quitter ses chers abeilles et de combattre le crime encore une fois.

Malheureusement, les enquêtes racontées ici ne sont pas de la trempe de Conan Doyle ou de Jean Ray et je me suis ennuyé du Docteur Watson tout au long de ma lecture. Il est évidemment facile pour un écrivain de notre époque de prêter des dons de clairvoyance à Holmes sur l'évolution de l'espèce humaine mais cela enlève le cachet si personnel et si charmant de l'époque.

Toutefois, cette compilation plaira beaucoup plus aux amateurs de Harry Dickson. Ray transformera Holmes et Taxon en Dickson et son élève Tom Wills pour créer certains des meilleurs pastiches de Holmes à ce jour. Donc, si vous êtes curieux de voir ce que les imitateurs de l'époque pouvaient pondre comme mystère, ce livre comblera vos attentes.

Varende a procédé ici à une réadaptation des textes hollandais plutôt que d'une simple traduction. Travail fastidieux et compliqué, il faut bien l'admettre. Mais j'aurais été curieux de voir les textes originaux sans les nombreuses fabulations que Varende se plaît à prêter au plus grand détective de tous les temps. On sait que Holmes connaissait son métier sur le bout des doigts mais en tant que critique social ou politique, ses connaissances étaient fort limitées. Il est fort rare d'ailleurs qu'il perde son temps en élucubrations philosophiques sur la condition de la femme et autres centres d'intérêt qui ne verront le jour que vers la fin du 20e siècle et non pas, vers la fin de l'ère victorienne. Et je ne parle même pas de ses commentaires peu élogieux sur son ami et compagnon fidèle, le Docteur Watson.

Si ces petits défauts avaient brillé par leur absence, peut-être que SHERLOCK HOLMES REVIENT se serait révélé une découverte étonnante et un ajout important au Canon. Ce n'est malheureusement pas le cas!

Johnny Hart

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